Le 02 décembre 2007
Par la fenêtre de mon bureau, je profite du soleil généreux de l’après-midi.
Depuis notre arrivée en Septembre, quelques gouttes de pluie sont tombées cette nuit pour la première fois. Ce matin j'étais ravie de sortir mon parapluie avant de venir au travail. Comme il y a de la poussière partout dans la ville, je suis vraiment contente que la pluie soit enfin là. Peut-être va-t-elle laver un peu les trottoirs ? eh bien non. Le mélange de la pluie, la terre et les poussières est terrible à voir. Les gens marchent dans une espèce de boue. La pluie n'a rien lavé du tout. Les feuilles des arbres sont maintenant à peine plus vertes qu'hier. Finalement je préfère simplement la présence du soleil.
Mes collègues me rassurent que la saison de la neige ne va pas tarder à venir. Alors la neige blanche va sûrement couvrir enfin les rues poussiéreuses de Qingzhou.
La ville est, comme toutes les villes de Chine, un immense chantier. On construit partout en détruisant les vieux quartiers. Apparemment les gens sont plutôt contents du changement de la ville. Tout le monde parle des déménagements des uns et des acquisitions des appartements des autres. C'est le sujet préféré de chinois actuellement. Pour l'instant je n'arrive pas encore à adhérer complètement la vie du Nord. Je crains terriblement le froid. Un jour vais-je parler aussi l'achat d'un appartement avec des gens d'ici ? Au bout de 2 mois je me sens encore étrangère.
Qingzhou a plus de 2500 ans d’histoire, mais elle n’a pas su ou n’a pas pu garder beaucoup de son passé. Avec Xu, nous avons cherché en vain un antiquaire ou une vieille librairie au centre ville. Pourtant il y a le pont reconnu, appelé « Wan nian jiao » ( le pont de dix milles ans ) par les architectes du pays. Un pont en pierre et reconstruit 3 fois dans son histoire. Mais en nous approchant de ce pont, ma déception a dépassé mon imagination. Imaginez un pont sans eau qui coule en dessous ! Avec mon appareil photo, j’ai du prendre des photos de ce vieux pont en négligeant volontairement le paysage désastreux des alentours. Ce pont relie toujours les deux parties de la ville, mais on croise plus de voitures que des piétons. Je ne sais pas encore quand et par qui le lit du fleuve a été séché, mais je suis certaine que c’est une ‘ petite ’ catastrophe écologique de plus en Chine. Mon collègue Li m’a confirmé qu’il y avait de l’eau dans les années 80. Puis la ville a commencé à grandir de façon hasardeuse.
On pompe de plus en plus de l’eau souterraine.
Puis un jour, plus rien en dessous.
J’évoque cette histoire avec les jeunes gens qui n’ont pas l’air de s’offusquer.
"C'est la vie !" me répondent-ils.
Nous sommes en hiver, toute la ville offre un visage jaune, jaunâtre et fanes. A part des magasins décorés en rouge, les femmes et les jeunes filles s'habillent plutôt de façon très colorées. Tout le monde dit que la ville est plus belle au printemps. Je le crois et suis impatiente de voir le paysage du printemps prochain.
Dimanche dernier nous avons marché un peu dans la ville. Puis nous avons décidé d'aller voir la campagne. D’une part pour vider nos têtes du boulot, d’autre part pour photographier les vielles maisons. S'il en reste encore. En nous promenant, nous étions vraiment contents de voir enfin des petites maisons à l’ancienne. Elles sont en brique, bien rangées, et s’orientent face au Sud à cause du vent hivernal. Elles se dressent sagement les unes après les autres sans fantaisie. Ce sont des maisons construites à l’identique. Les passages entre les rues sont très étroites. Il y a des papiers rouges avec des inscriptions de la calligraphie collés sur toutes les portes. Ce sont des vœux de bonheur. Nous arrivons à distinguer les caractères des propriétaires à travers ces belles écritures. Je vois aussi des écritures en arabe. En fait de nombreux musulmans vivent à Qingzhou. Ils cohabitent avec 28 d'autres éthenies minoritaires. Leurs maisons ne se distinguent que par les détails des écritures. C’est tout. Quand on marche dans la rue, il est impossible de les reconnaître. Pas de port de foulards pour des femmes ni barbes pour des hommes.
Notre appartement de location n’échappe pas à la tradition. Les anciens propriétaires ont laissé les bons vœux de l'an passé sur la porte. On peut encore déchiffrer les idéogrammes. Selon les traditions locales, les gens changent des vœux la veille de Nouvel An chinois, selon les événements passé ou des souhaits pour une nouvelle année. Alors je vais suivre ces traditions qingzhouthèsques.
Pour voir mes choix de vœux et les traductions en français, il vous faut patienter jusqu’à la Fête du Printemps. Je ne pourrai pas vous envoyer des bruits de pétards, ni de bons raviolis mais des traductions de vœux, pas de problème.
Nous n’avons pas encore l’occasion de pénétrer dans une des ces maisons. Mais leur aspect extérieur me paraît très simple et discret. Si un jour nous devons acheter une maison ici, je vais chercher une ancienne comme ça. Les nouveaux lotissements ne m’attirent pas du tout.
Pour le moment, notre appartement de location nous convient parfaitement.
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