La ville de Qingzhou, Shandong
1er Octobre 2006
Aujourd'hui c'est la Fête Nationale.
Cette année elle coïncide avec la traditionnelle Fête de la Lune(le 15 août du calendrier lunaire). Les chinois ont droit à un jour de congé officiellement, mais en choisissant de travailler deux week-ends de suite, ils récupèrent une semaine de repos. Fraîchement arrivée à Qingzhou, je travaille jour et nuit pour le démarrage de la nouvelle socièté. Je suis aussi tentée de retourner à Chengdu ou à Chongqing, parce que Xu et moi n'avons pas passé cette fête avec nos familles respectives depuis plus de 20 ans. Ce serait super d'aller au Sichuan pendant ce temps-là.
La Fête de la Lune est très importante symboliquement dans la vie des gens. La rondeur de la Lune représente l'Union, la Famille et la joie de la Récolte. Tous les chinois croient que la Lune de son pays natal est plus claire qu'ailleurs. Moi aussi j'ai envie de voir mes parents,mes amis et ma ville. Mais rapidement nous sommes découragés par l'idée de trouver un billet d'avion. Depuis quelques jours tous les trains et avions s'affichent complets, alors que le travail nous attend.
Bon,on verra ça l'année prochaine.
Mes collègues de confection musulmane nous ont apporté des gâteaux de Lune hier soir. Je les ai dégusté avec plaisir. C'est la première fois que je goûte des gâteaux aux fleurs de rose. Il y a 26 éthenies minorités nationales dans la ville de Qingzhou. Mon Directeur de Vente est de HUI. Je vais visiter des villages tout autour petit à petit. La ville est entourée de campagne, on voit des serres à la perte de vue. Les payasans vendent des légumes et des fruits partout en Chine.
Je suis vraiment contente de croiser des paysans en ville. Ils sont paisibles et souriants en vendant des jujubes, pommes et poires au bord de la route. En cette période de l'automne, ils attendent patiemment des clients sans déranger des passants. Parfois j'entame la discussion avec eux en achetant des marrons grillés ou des brochettes de melon précoupées. Et on rit ensemble au bout de 2 minutes car leur dialecte est très marrant. Parfois j'ai l'impression d'être sourde. Je comprend 30% de ce qu'ils me racontent! Et le reste? je devine à peu près. Par contre je lis sur leurs visages certaine sérénité.
Pour le moment nous n'avons pas de voiture, mais j'ai très envie d'aller à la campagne. Elle est sûrement différente de celle du Sud. Au marché les gens ne marchandent pas du tout. Mes collègues m'ont expliqué qu'il n'y a pas de touristes dans la ville, alors aucune raison de jouer avec des prix. Après avoir visité pas mal de villes en Chine, je sais qu'on marchande durement sinon on risque d'être traité comme des étrangers. Par ailleurs je trouve que ce serait indécent de marchanter avec des paysans. En tout cas je n'ai aucune envie de marchander.
En sortant de l'hôtel, j'observe les gens dans la rue. La ville est animée, bruyante et agitée du matin au soir. Il y a beaucoup de boutiques et de restaurants. Les gens sortent des magasins chargés des emballages rouges. Je devine que ce sont des boîtes d'alcool blanc, des gâteaux de Lune ou d'autres présents. C'est une période qu'on offre des gâteaux aux amis. Plusieurs collègues nous ont apporté des friuts, du thé et du vin"made in China"! Ils commrennent pas du tout notre choix de venir travailler à côté d'eux...
Depuis le centre ville on entend maintenant des pétards et des cris de joie. Un parfum de papier brûlé flotte immédiatement dans l'air. Je respire profondément cette senteur retrouvée en fermant les yeux. Depuis combien de temps je ne suis plus parmi les chinois ? Et combien d'années d'attente pour pouvoir respirer l'odeur de la Chine ? Quand j'étais en France, je me noyais dans le travail pour atténuer la nostalgie. La Fête du Printemps, la Fête de la Lune et bien d'autres, je les ai oubliés volontairement ou alors je me souvenais de temps en temps quand la télévision française en parlait. Mes journées étaient souvent divisées par trois ou quatre activités. J'étais tellement fatiguée chaque soir que les fêtes chinoises m'éloignaient petit à petit.
A quoi bon de se faire du mal? mon mari me le répétait souvent.La Chine était sur une autre planète, n'est-ce pas?
La foule, les vélos, et les bruits des animations m'attrapent soudainement, accompagnés de ce délicieux parfum de pétard.
Je me sens bien parmi les miens.
J'ai envie de sourire à tous les passants.
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